le chat norvégien

UN PEU D’HISTOIRE…

Le norvégien est un chat authentique. Entendez par là que ses origines sont naturelles, un chat 100 % terroir. La race, contrairement à beaucoup d’autres, n’a pas été créée mais sauvegardée dans les forêts enneigées de Norvège. C’est là d’ailleurs qu’en 1976 le félin a pris son nom officiel, norsk skogkatt, chat des forêts norvégiennes. On dit que ses ancêtres ont traversé les mers depuis le Moyen-Orient sur les drakkars des Vikings, vers l’an 1000. Bien avant les premiers documents qui le dépeignent précisément, à la fin du XVIIe siècle, il alimentait déjà largement les conversations ; autrement dit la mythologie scandinave. Apparaissant et disparaissant dans les forêts, un mystère l’entourait, faisant de lui un être féerique tout droit sorti des légendes et des contes pour enfants. Il pouvait accéder à des lieux inaccessibles aux hommes, voir l’invisible et même chasser les trolls, ces créatures surnaturelles. Freyja, la déesse nordique de l’amour, de la fertilité et de la guerre, magicienne et sorcière, l’a choisi pour tirer son char. Charles Perrault s’en serait inspiré pour écrire Le Chat botté, personnage fier, rusé et farceur.

CARACTÉRISTIQUES

Dans les années 1970, la majorité des chats norvégiens vit encore en totale liberté. Des éleveurs décident de sélectionner quelques spécimens et de les reproduire entre eux afin de conserver leurs qualités naturelles, c’est-à-dire leurs origines forestières. En 1976, une dizaine de ces norsk skogkatt, nouvelle formule, est répertoriée. Des chats bien charpentés, à la musculature robuste, qui donnent une impression de force et de puissance. Les femelles pèsent souvent plus de 4 kg, et les mâles atteignent fréquemment 7 ou 8 kg. C’est un authentique félin, mi-chat mi-lynx, avec des oreilles dotées de touffes de poil sur les pointes, les fameuses « lynx-plumettes ». Chasseur hors pair, il aime vivre à l’air libre, mais est capable de se transformer en agneau avec son maître, de roucouler comme une colombe et de bavarder comme un perroquet. Un chat magnifique qui adore grimper aux arbres pour mieux observer et dominer la situation ; avant d’en redescendre, la tête en bas !

CONTES ET LEGENDES

Le Norvégien est aussi souvent représenté dans les contes et légendes scandinaves tel que ceux de Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe, recueillis vers 1835 et qui mentionnaient un chat à la queue touffue. Tantôt chat-troll, tantôt chat-fée on lui confère des pouvoirs magiques.  En 1912, l’auteur norvégien, Gabriel Scott, a écrit un livre pour enfants dont le personnage central est un chat forestier nommé Sølvfaks.

 

Un conte traditionnel raconte  l’histoire d’un fermier qui  avait toujours passé Noël avec pour seule compagnie des Trolls. Un jour, un voyageur arriva avec son ours est passa la nuit de Noël chez lui. Un Troll, pensant que la bête était le chat du fermier, offrit de la nourriture à l’ours endormi. A ce moment-là , l’ours laissa échapper un profond grondement. Les Trolls furent terrifiés par ce grognement et se ruèrent hors de la maison du fermier, à jamais effrayés par les chats…

 

LE CHAT BOTTE (Perault)

Il était une fois un meunier qui avait trois fils. A sa mort, ses biens furent partagés entre ses fils. L’aîné eut le moulin, le second eut l’âne, et le plus jeune n’eut que le chat. Ce dernier ne pouvait se consoler d’avoir un si pauvre lot : – Mes frères, disait-il, pourront gagner leur vie honnêtement en se mettant ensemble ; pour moi, lorsque j’aurai mangé mon chat, et que je me serai fait un manchon de sa peau, il faudra que je meurs de faim. Le Chat qui entendait ce discours, lui dit d’un air posé et sérieux : – Ne vous affligez point, mon maître, vous n’avez qu’à me donner un sac, et me faire faire une belle paire de bottes et vous verrez que vous n’êtes pas le plus mal doté des trois. Le maître du Chat lui avait vu faire tant de tours de souplesse, pour prendre des rats et des souris ; comme quand il se pendait par les pieds ou qu’il se cachait dans la farine pour faire le mort, qu’il décida de lui faire confiance pour le sortir de sa misère. Lorsque le chat eut ce qu’il avait demandé, il se botta bravement, et mettant son sac à son cou. Le Chat ainsi botté s’en alla dans une garenne où il y avait grand nombre de lapins…